Guillaume Faury prend les commandes d’Airbus dans un ciel agité

Le dirigeant de 51 ans succède à Tom Enders à la tête de l’avionneur européen. Parmi ses défis, le marché des gros-porteurs, dominé par Boeing.

Par Guy Dutheil Publié aujourd’hui à 10h29, mis à jour à 10h35

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Guillaume Faury et Tom Enders, le 14 février 2019, en conférence de presse à Blagnac.

Airbus change de tête, mais ne tourne pas encore la page Tom Enders. Guillaume Faury, président d’Airbus Aviation commerciale (AAC), devait être nommé président exécutif de Groupe Airbus, à l’issue de l’assemblée générale des actionnaires, prévue mercredi 10 avril. Il remplace Tom Enders, contraint de renoncer à briguer un troisième mandat à la tête de l’avionneur européen.

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A l’origine, M. Faury avait peu de chances de prendre un jour en main les commandes d’Airbus. L’ex-patron de la division Airbus Helicopters doit en grande part son arrivée au sommet du groupe à l’hécatombe liée aux deux enquêtes anticorruption, qui a vu partir un à un nombre de poids lourds du groupe. Tour à tour, Marwan Lahoud, ex-directeur de la stratégie, puis John Leahy, l’historique directeur commercial, ou encore Harald Willem, directeur financier, ont pris la porte ou sont partis à la retraite. Une vague de départs complétée par une guerre des chefs entre Tom Enders et son numéro deux d’alors, Fabrice Brégier. « Pour arriver à ce type de poste, il faut avoir les compétences mais il faut aussi avoir de la chance », commente Philippe Petitcolin, directeur général de Safran, l’un des plus importants fournisseurs d’Airbus.

Né en 1968, polytechnicien, Guillaume Faury aura, durant sa première partie de carrière, fait des allers-retours entre le secteur automobile et l’aéronautique. En 1998, il fait ses premières armes chez Eurocopter, l’ancêtre d’Airbus Helicopters. Il y restera dix ans avant de rejoindre le groupe PSA. Un court passage de quatre années, un intermède heureux, qui permet à M. Faury d’être aujourd’hui l’un des très rares dirigeants d’Airbus qui ne soit pas visé par les poursuites judiciaires. En 2013, Tom Enders le rappelle auprès de lui afin qu’il reprenne en main la branche hélicoptères. A l’époque, celle-ci bat de l’aile. Confrontés à la baisse des prix de l’or noir, les groupes pétroliers ont réduit drastiquement leurs achats d’hélicoptères pour leurs plates-formes offshore. Le nouveau patron ne fera pas de miracle, mais sous sa férule Airbus Helicopters aura traversé la crise sans trop de dommages.

Objectif numéro un : la montée en cadence de l’A320

En 2018, Tom Enders, fragilisé depuis deux ans par des enquêtes anticorruption et donc contraint de ne pas se représenter, aura quand même, avec l’intronisation de Guillaume Faury, réussi à imposer son successeur. Un choix qui n’est pas pour déplaire à la chaîne de fournisseurs d’Airbus. « Guillaume Faury est quelqu’un de bien », s’enthousiasme ainsi M. Petitcolin. « Il a beaucoup d’énergie et il sait ce qu’il veut faire. Il est très clair et très organisé », ajoute-t-il. Si « major Tom », surnom de M. Enders au sein d’Airbus, lui a laissé un groupe réorganisé en formation de bataille pour affronter le grand rival américain, Boeing, plusieurs défis attendent M. Faury. Sa première tâche, et non la moindre, sera de mettre un terme, le moins coûteux possible, aux ennuis judiciaires du groupe sur lequel plane une amende potentielle évaluée à trois milliards d’euros. Il devra surtout éviter une trop grande implication des autorités américaines dans ce dossier épineux.

Источник: Lemonde.fr

Источник: Corruptioner.life

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