Se nourrir d’invendus, l’autre versant du marché de l’occasion

L’appli Too Good to Go fait un tabac en mettant en relation commerçants et consommateurs prêts à acheter des lots d’invendus pour trois fois moins cher que le prix normal.

Par Publié aujourd’hui à 11h40

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Près de 8 000 commerçants ont désormais recours à l’application Too Goog to Go qui les met en relation avec des consommateurs prêts à acheter des lots d’invendus pour trois fois moins cher que le prix normal.

Sixtine n’est pas arrivée « les mains vides ». Lors d’un déjeuner chez son papa, cette jeune strasbourgeoise a apporté un lot de salades vertes. « J’en avais eu trois. Jamais je n’aurais pu les manger avant qu’elles ne se gâtent », explique celle qui, par souci d’économie et militantisme, s’est convertie à l’appli Too Good to Go lors de son emménagement à Paris.

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Depuis quelques mois, cette start-up fait le buzz. Son appli a été téléchargée plus de cinq millions de fois. Près de 8 000 commerçants ont désormais recours à cette plate-forme, qui les met en relation avec des consommateurs prêts à acheter des lots d’invendus pour trois fois moins cher que le prix normal. Promis à être détruits, fruits et légumes d’un supermarché, éclairs Dalloyau ou restes des petits déjeuners d’un hôtel sont vendus à partir de 3 euros grâce à un service géolocalisé. A chaque transaction, l’appli prélève une commission d’un euro.

Une dizaine d’enseignes de grande surface l’utilisent

« Notre croissance est de l’ordre de 20 % par mois », assure sa fondatrice, Lucie Basch. Cette entrepreneuse âgée de 27 ans a eu l’idée de lancer cette appli pour « lutter contre le gaspillage », après avoir travaillé dans une usine Nestlé. La jeune diplômée de l’Ecole centrale de Lille y découvre « l’absurdité » de l’industrie agroalimentaire qui jette un « tiers de sa production ». Elle démissionne. Expatriée à Oslo, elle commence à coder son appli, seule, et découvre que Stian Haanes et Thomas Molsen, des entrepreneurs danois, ont eu la même idée. En 2016, ensemble, ils lancent leur application dans six pays, dont la France.

Trois ans après, Too Good to Go tourne dans 12 pays et emploie 250 personnes, dont 59 à Paris. La moitié démarchent les commerçants. Une dizaine d’enseignes de grande surface, dont Carrefour et Leclerc, y font appel. L’entreprise, dont les ventes ont atteint 3 millions d’euros en 2018 en France, dégage ses premiers bénéfices opérationnels. L’essentiel est investi pour améliorer le service au client. Too Good to Go assure lutter contre le gaspillage alimentaire plus que permettre de réaliser des économies, explique Mme Basch, qui s’interdit de « parler petits prix et discount » de peur de se « pervertir ». Depuis le début de 2019, l’entreprise jure avoir « sauvé » plus de 3 millions de repas.

Источник: Lemonde.fr

Источник: Corruptioner.life

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